23 ans et déjà pilote?

Chez Marc Lüchinger, la fascination pour les avions a commencé très tôt dans l’enfance. Mais de grandir près de la base aérienne de Bad Ragaz, avec un pilote militaire dans la famille, ne lui garantissait pas une place dans un cockpit pour autant. Le cours de pilotage SPHAIR lui a confirmé son envie de faire de la troisième dimension son lieu de travail, et de transformer son rêve de métier en métier de rêve.

«Grâce à SPHAIR, j’ai compris que mon rêve pouvait devenir réalité, je suis très reconnaissant.»
Marc Lüchinger

Le programme SPHAIR a permis à Marc Lüchinger de faire ses premières expériences de vol et de révéler son potentiel comme pilote. Il le considère comme une chance inouïe. « Pendant la sélection, j’ai notamment dû me présenter devant des pilotes militaires et des psychologues pour les convaincre. À 17 ans, c’est une expérience qui marque », se souvient-il. À la fin du cours de pilotage, il reçoit sa recommandation comme pilote militaire. « Grâce à SPHAIR, j’ai compris que mon rêve pouvait devenir réalité, je suis très reconnaissant d’avoir eu cette chance. Le plus drôle, c’est que j’ai piloté un avion avant de prendre le volant d’une voiture ! », s’amuse-t-il.

«Je permets à des gens de découvrir le monde, de connaître d’autres cultures.»
Marc Lüchinger

Un obstacle imprévu

Mais sa trajectoire n’a pas été rectiligne pour autant. Car bientôt, on lui découvre une scoliose, une pathologie qui met brusquement fin à son ambition de devenir pilote militaire. « Ça a été dur. D’autant plus que je n’y pouvais rien », raconte Marc Lüchinger. Mais plutôt que de mettre la tête dans le sable, il s’adresse aux pilotes et cherche des solutions. « Pour moi, il n’y avait pas d’autre option, je voulais faire ce métier et donc je me suis accroché. » C’est sa première expérience de la solidarité entre pilotes : « Si l’un d’entre nous a un coup dur, les autres sont là pour lui. » Ces discussions lui redonnent courage et le décident à poursuivre son rêve malgré tout. À 20 ans, il commence une formation comme pilote de ligne à la Horizon Swiss Flight Academy. En septembre 2018, il est engagé comme First Officer par Helvetic Airways. « Les gens sont étonnés d’apprendre que je suis déjà pilote à 23 ans », ajoute-t-il avec un petit sourire.

À chaque jour ses nouveaux défis

En janvier 2019, le jeune pilote a effectué son premier vol avec passagers de Zurich à Bordeaux. « J’avoue, j’ai eu du mal à dormir la veille, mais finalement tout s’est passé comme une lettre à la poste. Ça m'a fait plaisir de saluer les passagers à la fin en voyant leur satisfaction », raconte-t-il. Marc Lüchinger est content de travailler pour Helvetic, une petite compagnie aérienne, mais de qualité, qui compte dans les 450 collaborateurs. « Comme on ne fait que des trajets de courte ou moyenne distance, on est tout le temps occupé. J’atterris et je décolle deux fois par jour, ces gestes deviennent donc vite une routine », explique-t-il. Et c’est tant mieux parce qu’en tant que pilote, il faut s’adapter au fur et à mesure : mauvaise visibilité, tempête, densité du trafic, aéroports surchargés. Les défis ne manquent pas. « Ça change tout le temps. On n’a jamais le temps de se reposer sur nos lauriers. »

Le début d’une longue carrière

Dans quelques années déjà, Marc Lüchinger pourra devenir capitaine. Il est également tenté par la formation de moniteur de vol. Dans son entreprise aussi, les possibilités de développement sont nombreuses, que ce soit dans le domaine des opérations de vol ou plus tard comme cadre. Mais pour le moment, il est surtout heureux d’avoir réussi à réaliser son rêve. « Je sais que ça fait cliché, mais assister à un coucher du soleil là-haut, c’est juste magique. » Au-delà de son accomplissement personnel, il se voit comme un fournisseur de services : « Les voyages forment la jeunesse, c’est bien connu. Je permets à des gens de découvrir le monde, de connaître d’autres cultures », se réjouit-il. D’ailleurs, lui-même ne s’en prive pas : « J’aime voyager. Ça m’arrive de voler jusqu’à une destination et d’avoir envie de la découvrir davantage. » D’ailleurs, il va passer ses prochaines vacances à Brindisi, que pour l’instant il n’avait vue que d’en haut.

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