À fond les turbines!

Le ciel est d’un bleu métallique en ce matin de février 2019. Si Fanny Chollet n’était pas occupée à répondre aux questions des journalistes, elle se trouverait dans le cockpit d’un F/A-18 Hornet, s’adonnant avec passion à son travail. Mais il est important que le grand public en sache plus sur son par-cours : en tant que première pilote d’avion de combat Suisse, Fanny Chollet démontre qu’avec du talent et de la persévé-rance, tout est possible.

«Ce qui est passionnant dans mon travail, c’est qu’il est pos-sible de s’améliorer tous les jours»
Fanny Chollet

Les Forces aériennes suisses ont besoin d’une relève compétente, prête à prendre place dans les cockpits. À la fois varié et exigeant, le métier de pilote militaire est ouvert à tout le monde, indépendamment du genre. Le premier lieutenant Fanny Chollet a suivi cette voie et est devenue un modèle, en particulier pour les jeunes femmes. Elle rejette toutefois catégoriquement l’étiquette d’oiseau rare.« J’ai fourni la même prestation que mes collègues, ni plus ni moins »,dit-elle. Pourtant, les faits sont là : il y a désormais en Suisse une femme pilote d’avion de combat, un signal positif envoyé à toutes celles qui envisageraient de prendre le même chemin.

«J’ai bon espoir qu’un jour, il sera normal pour les femmes de piloter des avions de combat»Fanny Chollet

Tenter le tout pour le tout !

Fanny Chollet compte plusieurs pilotes civils dans sa famille : elle est donc tombée toute petite déjà dans la « marmitede l’aéronautique ». Au moment d’entamer des études, c’est sa mère qui lui suggère de tenter une carrière aux Forces aériennes. À 19 ans, Fanny Chollet accomplit donc le cours de pilotage SPHAIR au terme duquel elle reçoit une recommandation de pilote militaire, un moment qu’elle qualifie aujourd’hui encore de décisif pour la suite des événements. Il y eut tout d’abord la sélection, le service militaire jusqu’à l’école d’officiers, les trois ans d’études menant au bacheloren aviation à la haute école de sciences appliquées de Zurich et, enfin, la formation de pilote aux Forces aériennes suisses. Près de dix ans après s’être lancée dans l’aventure, Fanny Chollet a obtenu en décembre 2017 son brevet de pilote de jet. « Mon plan B était de faire des études en physique à l’EPFL. Mais lorsque j’ai reçu la recommandation de SPHAIR, j’ai tenté le tout pour le tout »,déclare-t-elle. Depuis le 1er janvier 2019, elle vole au sein de l’escadrille d’aviation 18, à Payerne. En règle générale, elle effectue un à deux vols par jour, suit des entraînements et réalise des interventions de police aérienne. « Je contrôle par exemple les avions qui n’ont pas respecté les règles du trafic aérien et j’offre de l’aide en cas de problème dans les airs », explique la jeune pilote. 

Investir du temps et de l’énergie

Fanny Chollet a terminé sa formation, mais sa carrière ne fait que commencer. « Ce qui est passionnant dans mon travail, c’est qu’il est possible de s’améliorer tous les jours », dit-elle. « Après chaque entraînement ou engagement, nous analysons notre prestation, et c’est presque comme effectuer un deuxième vol. Vu que les conditions ne sont jamais les mêmes, j’apprends toujours énormément ». Fanny Chollet ne manque pas de perspectives d’avenir : elle va dans un premier temps suivre une instruction pour pouvoir diriger une formation de deux appareils avant de continuer à se perfectionner. Son conseil aux jeunes femmes qui souhaitent embrasser une carrière de pilote ? « Je leur recommande de poursuivre obstinément leur rêve et d’y investir leur temps et leur énergie. Mais homme ou femme, tout le monde a les mêmes chances », dit-elle avant de conclure : « J’ai bon espoir qu’un jour, il sera normal pour les femmes de piloter des avions de combat. »

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